Mardi 22 décembre 2009
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15:53
Donc après une avalanche de photos, place aux
mots. J'avais à la base l'idée de passer 1 mois à visiter le Laos et la Thaïlande avec une amie. Mais celle-ci m'a lâchement lâché (ça fait une petite rime) et j'ai donc restreint mon programme à
la visite du Laos avec un ami (sans le "e" à la fin, dommage).
J'ai donc démarré seul en atterrissant en Thaïlande, à Chiang hai. Après 1h30 de bus, j'arrive au bord de la rivière qui délimite la frontière avec le Laos. Je me rends alors compte que j'ai
perdu mon passeport, probablement à l'aéroport. Comme il y avait une antenne du consulat à 50 km dans les terres au Laos, je décide alors de passer la frontière "discrètement". Les
patrouilles de douane ne sont importantes que dans la zone de passage (là où se trouvent les bateaux qui permettent de passer) mais il n’y a quasiment aucune surveillance dès que l’on s’éloigne
un peu. Comme il était impossible de passer outre les contrôles de sécurité en empruntant les bateaux, je décide de m’éloigner un peu en longeant la rivière. Après 30 minutes de marche environ,
je me retrouvais dans une zone hors de portée de vue des postes frontières, dans un coude que la rivière formait à cet endroit. Seulement, la rivière faisait quand même 70 à 80m de large et était
trop profonde pour être traversée à pied. Je pensais alors à la traverser à la nage mais mes affaires (et surtout l’appareil photo, mon MP3…) auraient été trempé. C’est alors qu’une barque se
dirigea vers moi, en provenance de la partie Thaïlandaise. Comme j’apercevais des hommes en uniforme, j’ai pensé que j’avais été repéré et que la police venait contrôler mes papiers et ce que je
venais faire. Mais n’ayant pas mon passeport, je ne savais pas vraiment comme gérer cette situation. Lorsque que le bateau fut plus prêt, je m’aperçu alors que ce n’était que des ados, dont
certains portaient des vieux uniformes de l’armée. Ils s’approchèrent de moi et me demandèrent : « tu veux aller de l’autre côté ?» dans un anglais approximatif. Je leur
répondis alors que oui. Ils me dirent « 35 000 baths » (ce qui faisait 700 euros). Mon soulagement lors de leur rencontre s’était effondré ! Jamais je ne dépenserai cette
somme pour traverser. J’allais alors me résoudre à trouver un bus pour aller jusqu’à Bangkok (à 15h de route de là où je me trouvais !!) lorsqu’ils me dirent « you just carry this bag
and it’s free for you ». Un deux avait dans sa main un petit sac noir en bandoulière. Ils me dirent « don’t worry, there is nothing
much inside, just a gift for my cousin in Laos. I will wait for you there. I give him a call”. J’hésitais alors mais comme la nuit tombait, que j’étais crevé (j’étais parti vendredi soir
d’Inde, avait passé 4 h dans l’avion sans pouvoir dormir pour arriver à Bangkok à 6h du matin le samedi, reprendre un vol pour Chiang Hai…). Comme on était hors de portée de vue de la zone de
frontière, je décidais, non sans une énorme boule au ventre, dans monter sur l’embarcation. Le moteur redémarra et l’embarcation se dirigea vers l’autre rive. Ce fut les 50 secondes les plus
longues de ma vie. Je ne cessais de scruter les alentours, m’attendant à voir surgir à tout moment des bateaux à moteur de la police. Un des hommes à bord passa un coup de fil d’à peine 10
secondes et me dit « my friend will be there. You clim the hill, take the road on the right and walk until you see a mercedez. If
you escape, you’re dead!” Mon battement cardiaque avait dépassé les 150 bpm à cet instant je pense et je suais comme jamais. Je ne savais pas ce qu’il y avait dans ce sac mais comme cette zone de
frontière entre le Laos, Thailande et Birmanie était l’ancien triangle d’or (zone la plus prolifique dans le traffic de drogue), je me suis dit que ne pas ouvrir ce sac était la meilleure chose
que j’avais à faire.
Nous arrivâmes enfin de l’autre côté de la
rivière. Je descendis et les hommes me dirent alors « don’t forget, you escape… » et il passa alors son pouce sur son cou. Je m’empressai alors de gravir la colline, et de tourner à
droite une fois la route atteinte. J’avais mon sac de rando sur les épaules et mon petit sac à dos sur le devant ce qui accentuait le poids transporté. Je marcha alors peut-être 10 minutes
(difficile à dire, cela semblait être une éternité pour moi) jusqu’à trouver la fameuse mercedes. Je vis alors 4 hommes armés sortir de la voiture ! Je peux vous dire que je ne faisais
vraiment pas mon fier à ce moment. L’un d’eux s’approcha de moi tandis que les autres braquaient leurs armes sur moi. L’homme me prit le sac des mains, l’ouvrit, se retourna et s’engouffra dans
la voiture. Les 3 autres le suivirent et la voiture partit en trombe. Je sentis alors une vague de soulagement énorme m’envahir. J’étais d’autant plus soulagé que toute cette histoire est fausse.
Je n’ai pas perdu mon passeport et ai donc passé la frontière comme tout le monde, en faisant la queue pour recevoir mon coup de tampon, puis pouvoir embarquer sur un rafiot qui allait m’emmener
au Laos pour que j’ai le plaisir de leur donner 30 euros pour les frais de visa.
Je pus alors me trouver un hotel miteux (mais
pas cher !!, 2 euros la nuit pour une chambre petite certes mais propre, avec eau chaude dans la salle de bain et serviette de toilette).